Tensions entre les actionnaires de sequana

Source: societe.com publié le 04/01/2019 par Aglaë Derouen

Le torchon brûle entre Asamis et Bpifrance

Pour Sequana, l'année 2019 débute comme 2018 a commencé : dans la frustration et les tensions. La semaine passée, en pleines fêtes de fin d'année, le groupe papetier français annonçait renoncer au projet de cession de sa branche Arjowiggins, à cause de négociations menées avec le groupe Fineska, qui se sont déroulées dans un contexte « extrêmement dégradé ». Aujourd'hui, l'actualité qui agite le groupe français spécialisé dans la distribution et la production de papiers techniques et créatifs concerne un conflit qui oppose plusieurs de ses actionnaires, justement au sujet de la manière dont se sont déroulées les négociations avortées pour la cession d'Arjowiggins Graphic et Arjowiggins Creative Papers.

L'association d'actionnaires Asamis, qui détient actuellement 8,17 % du capital de Sequana, reproche ouvertement à Bpifrance, qui en détient 15,4 % (ainsi que 17,2 % des droits de vote), d'avoir abandonné les négociations. Ce reproche prend désormais la forme d'une plainte déposée hier en fin de journée auprès du parquet national financier.

 

Un taux d'intérêt qui ruinerait Sequana

Comme le révèle le communiqué de presse diffusé, au-delà de reprocher à Bpifrance un manque d'implication dans les négociations qui devaient permettre à Sequana de se séparer de sa branche fabrication, comme cela était prévu depuis juillet dernier, Asamis considère que la banque publique « pratique des taux d'intérêt ruineux » pour l'entreprise dirigée par Pascal Lebard. L'association d'actionnaires explique que l'échec de la cession a provoqué « une forte hausse du taux d'intérêt de la BPI sur un prêt relais » lié à la vente en question. Ce taux d'intérêt est en effet passé à 14 % par an sur un montant total de 10 millions d'euros.

De son côté, en ce vendredi matin, la direction de Sequana, qui doit faire face à des pertes importantes pour l'ensemble de l'année 2018, n'avait pas encore pris la parole pour s'exprimer sur le différend qui oppose ses actionnaires.