Rapport sur la filière du recyclage : points intéressants, erreur d'analyse et lacune importante pour la copacel

Source: www.graphiline.com publié par Faustine Loison le 04-02-2021

L'union française des industries des cartons, papiers et celluloses fait le point sur le rapport de la mission parlementaire de la filière du recyclage du papier et du carton en France.


Fin janvier, la mission d'information parlementaire consacrée à la filière du recyclage du papier a remis son rapport à l'Assemblée nationale sur lequel elle travaille depuis septembre. Cette mission d'information a été initiée après la fermeture en 2020 de l'usine de papier journal recyclé UPM Chapelle – Darblay. Composée de 11 députés, elle devait analyser la situation du recyclage du papier et du carton en France et proposer des mesures afin d'améliorer la filière.


Le syndicat professionnel des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel), qui a été questionné par la mission, déclare dans un communiqué regretter un élément manquant dans ce rapport de 120 pages.

Le dossier contient "des propositions intéressantes". Cependant le syndicat regrette "une erreur d'analyse" sur la place des fibres recyclées et l'absence d'un élément clé, à savoir l'amélioration de la compétitivité des entreprises papetières.


La Copacel soutient l'objectif d'augmentation du recyclage en France des déchets de produits constitués de fibres de celluloses. Il valide également la recommandation n°1 d'étudier l'impact environnemental des supports électroniques par rapport à celui des imprimés. Il approuve aussi la mesure n° 9 qui rappellerait aux entreprises de tous les secteurs leurs obligations en matière de tri des déchets papetiers.



La forte incitation aux papiers recyclés contreproductive pour la filière


Mais "le rapport commet cependant une erreur d'analyse". Cinq propositions sur 20 visent à inciter à l'utilisation de produits recyclés. Or cela ne résoudrait pas le problème de l'excédent de collecte de vieux papiers par rapport aux capacités de recyclage existant sur le territoire national.


Et Copacel illustre son propos : "À titre d'exemple, une politique d'achats publics de papier bureautique recyclé ne résoudra pas la situation d'excédents de collectes des collectivités locales, pour la simple raison que les vieux papiers issus de la collecte municipale ne sont pas utilisés pour produire du papier bureautique recyclé." 

La conséquence d'une forte demande de papier recyclé conduira donc à importer du papier recyclé, "aux dépens d'un papier à base de bois produit en France et présentant une haute performance en matière d'économie circulaire". Il est nécessaire de trouver un équilibre entre fibres directement issues du bois et fibres qui sont recyclées. De plus, le rapport précise d'ailleurs que, sur le plan environnemental, et notamment au regard du changement climatique, le papier recyclé n'est pas préférable à celui issu de fibres vierges.



La compétitivité de l'industrie papetière, la question centrale


Mais la "lacune principale" du rapport est la question de la compétitivité de l'industrie papetière, question qui "n'est qu'effleurée" alors qu'il s'agit d'un "élément central".


"La situation que connaît notre pays est liée à des problématiques structurelles (déclin de l'usage du papier graphique, fermeture des frontières chinoises aux déchets européens) qui conduisent à des choix d'investissements ou de restructurations en Europe, choix effectués aux dépens de notre pays, moins compétitif que ceux dans lesquels l'industrie papetière se maintient ou se développe" explique l'organisation professionelle.


Et Philippe d'Adhémar, président de Copacel, ajoute : "C'est par l'amélioration de la compétitivité des entreprises et le développement des capacités de production de l'industrie papetière que notre pays sera en mesure de valoriser davantage de papiers et cartons collectés et triés".