Le site de l’ancienne papeterie arjowiggins à bessé-sur-braye (72) sauvée : le soulagement et la prudence

Source: Par Bertrand Hochet, France Bleu Maine, France Bleu le 21 juin 2020



Les habitants de Bessé-sur-Braye (Sarthe) accueillent avec soulagement l'annonce de la reprise de la papeterie Arjowiggins. Nombre d'entre eux, échaudés par les faux espoirs précédents, attendent toutefois de "voir pour croire". Le maire, Jacques Lacoche, juge le projet sérieux et "fiable".

"La papète est sauvée !" Sur le marché de Bessé-sur-Braye ce samedi, commerçants et clients commentaient la nouvelle de la reprise d'Arjowiggins par la société canadienne "Paper Mill Industrie". Cette dernière, retenue le vendredi 19 juin par le tribunal de commerce de Nanterre, prévoit la création en cinq ans de 240 emplois dans l'ancienne papeterie. Les quelque 600 salariés licenciés en mars 2019 seront prioritaires pour les réembauches.

Cette annonce que plus personne n'attendait est accueillie avec soulagement. Tout le monde ou presque, dans la commune, a travaillé ou connaît quelqu'un qui a travaillé chez Arjo. "Mon mari pendant plus de 40 ans, son père pendant plus de 30 ans et moi, j'y ai passé 30 ans aussi", se souvient Jeannine Lebouhris. "C'est une très bonne nouvelle pour l'emploi des jeunes", se réjouit cette retraitée. Aujourd'hui parti vivre à La Rochelle, Pascal Vancassel, de passage à Bessé, ne cache pas son émotion : "Dans le temps, on disait : quand la papeterie éternue, la région s'enrhume. Ce redémarrage est une très bonne chose", estime cet ancien d'Arjowiggins.

Pour le maire de Bessé, le projet est "fiable"

A ce soulagement, s'ajoute presque systématiquement la prudence. Les habitants de Bessé-sur-Braye ont déjà connu de faux espoirs, rappelle Thierry Branjonneau qui a longtemps travaillé pour un sous-traitant d'Arjo. "Nous avons déjà été échaudés par les belles promesses", se souvient-il. "Moi, je reste sceptique", ajoute Ulysse Gobil, retraité de la papeterie : "Il y a eu tellement de menteurs !", lâche-t-il. Le maire de Bessé-sur Braye, qui a rencontré les repreneurs canadiens, considère, lui, que le projet est "fiable". Jacques Lacoche sent la pression se relâcher. "Nous avons vécu une aventure éprouvante", confie l'élu. "Même si c'est doucement, nous remontons la pente."

Les deux tiers des anciens salariés sont toujours au chômage

Un an et demi après la liquidation de la papeterie Arjowiggins, un tiers environ des quelque 600 salariés a retrouvé du travail. Et encore, nuance Laurent Trudel, délégué du personnel, "ces chiffres nous ont été donnés avant le début de la crise du coronavirus". Le responsable syndical relève que "beaucoup de monde est encore sur le carreau". Et il se félicite d'avoir tenu bon jusqu'au bout : "Nous avons eu raison de tout faire auprès des liquidateurs pour conserver nos machines en état. Cette reprise est la meilleure nouvelle depuis un an et demi !".