Trois mesures pour la transition écologique de l'industrie papetière

Source: Graphiline.com par Faustine Loison publié le 24.06.20

Craignant une forte contraction de la demande due à la crise sanitaire, l'Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) a présenté un plan de soutien en deux volets à destination du gouvernement.

Voici les trois axes du premier volet dédié à la transition écologique de l'industrie papetière, axes détaillés Philippe d'Adhémar, président de la Copacel.

Axe 1 - Favoriser le développement des industries intensives en énergie afin d'améliorer l'empreinte carbone de la France

Les objectifs des politiques publiques en matière de lutte contre le changement climatique (Loi sur le climat présentée début mars par la Commission européenne, Accord de Paris, stratégie nationale bas carbone…) passent par une réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national. Mais cette approche, qui conduit à renchérir le coût de la tonne de carbone émis, a comme effet pervers de faire fermer des sites industriels et relocaliser des usines dans des pays où la contrainte carbone est moins sévère, explique Copacel.

Or "en France, nous produisons des produits à faible empreinte carbone, nous sommes particulièrement bien positionnés par rapport à nos confrères étrangers", s'insurge Philippe d'Adhémar, président de la Copacel.

"Pour maintenir les entreprises intensives en énergie, nous souhaitons la prise en compte de l'empreinte carbone comme indicateur clé de la politique climat, le maintien des dispositifs favorables aux énergo intensifs et la mise en place d'aides permettant de décarboner la chaleur (pour substituer le gaz par de la biomasse ou des combustibles solides de récupération)."

Axe 2 - Encourager l'utilisation des produits biosourcés les produits cellulosiques

"En début d'année, a été décidé que les marchés publics limiteraient leurs achats de papiers bureautiques à des papiers recyclés." Or, ce papier recyclé ne se fabrique qu'à partir d'autres fibres de papiers bureautiques. "Le papier bureautique a vocation à être recyclé, mais il se recycle plus facilement vers des qualités d'emballage ou autres que sur eux-mêmes (pour des questions de blancheur notamment), note Philippe d'Adhémar. Nous avons besoin d'entrée de fibres vierges dans la boucle papetière, car la fibre ne se recycle pas à l'infini. Favoriser le recyclé à 100 % est une erreur?! Et cela se traduit par de l'importation à empreinte carbone sensiblement plus forte que du papier non recyclé."

Sur ce deuxième axe du plan de soutien, le syndicat est aussi attentif au fait que certains emballages en papier carton comportent une fraction de plastique - comme un pelliculage sur les gobelets - qui peut les faire entrer dans le champ d'interdictions ou de restrictions actuelles ou à venir des emballages plastiques, malgré une performance très élevée en matière d'économie circulaire.

Copacel souhaite que les directives "single use plastics" et les textes d'application de la loi anti-gaspillage et pour l'économie circulaire (dite loi AGEC) encouragent l'utilisation des produits biosourcés et demande un traitement équilibré par les marchés publics des produits composés de fibres vierges et de fibres recyclées.

Axe 3 - Améliorer la compétitivité des approvisionnements en matières premières fibreuses

Les conditions d'approvisionnement en matières premières fibreuses (bois, papiers et cartons à recycler et en pâte marchande) sont fondamentales, car elles constituent le premier poste de coût variable d'une papeterie.
Mais le coût du bois et des papiers et cartons à recycler sont dépendants des conditions nationales dans lesquelles elles sont mises sur le marché, alors que la pâte de cellulose est tributaire de l'évolution des cours mondiaux.

Copacel demande donc à ce que les politiques forestières prennent davantage en compte la dimension économique de la forêt et permettent une réduction du coût du bois livré aux usines, que le système de collecte et de tri des déchets papiers et cartons favorise l'utilisation de cette ressource lorsqu'existe une menace sur la disponibilité des emballages fibreux et que la France soit davantage autonome en matière de production de pâte de cellulose (avec des relocalisations par exemple).