Comment la papeterie du bourray a remonté la pente

Source: lejournaldesentreprises.com publié Par Cédric Menuet, le 12 novembre 2020

18 mois après sa reprise par son client CGMP, l’ancienne papeterie sarthoise Arjowiggins du Bourray est parvenue à redresser la barre. L’usine de ouate de cellulose a bénéficié d’investissements et a même trouvé de nouveaux débouchés en pleine crise sanitaire.


Elle a en partie échappé au couperet. Alors que l’usine de Bessé-sur-Braye était liquidée en mars 2019, la papeterie Arjowiggins du Bourray à Saint-Mars-la-Brière était reprise par un de ses clients, CGMP (36 M€ de CA, 140 salariés). Cette entreprise familiale basée à Tuffé et spécialisée dans la fabrication de serviettes, nappes et sets de table en papier, a en effet acquis le site et son activité de production de ouate de cellulose, sauvant ainsi 116 emplois sur 260. « Je suis très content de cette intégration verticale, car ce n’était pas gagné ! La marche était haute. Une papeterie, c’est de l’industrie lourde et un autre métier pour nous », souligne François Bourdin, directeur général de CGMP et dirigeant de la Papeterie du Bourray. La PME sarthoise représentait alors 10 à 12 % de l’activité du fabricant de ouate, proportion qui est passée aujourd’hui à 18 %. « Au bout de neuf mois, nous avons renoué avec des résultats positifs et distribué de la participation aux salariés. » Pour remonter la pente, il a fallu investir. Depuis un an et demi, les repreneurs ont ainsi consacré 2,5 millions d’euros à l’outil de production et à différents travaux structurels sur le site. Dès 2021, ce sont 2 millions d’euros qui seront injectés chaque année au Bourray. « Nous remettons l’entreprise à niveau et nous innovons pour ajouter de nouvelles cordes à notre arc. »


Nouveaux débouchés dans le secteur médical

Car avec la crise sanitaire, la papeterie doit en effet trouver de nouveaux débouchés. 90 % de son activité repose sur les arts de la table, avec une production de ouate exportée dans le monde entier. Le coup de frein porté aux secteurs du tourisme et de l’hôtellerie-restauration un an après la reprise du site constitue toujours une sérieuse menace sur sa pérennité. La papeterie a néanmoins rebondi dans le domaine médical en fournissant de la ouate pour la production de pansements mais aussi au fabricant angevin de masques de protection Kolmi-Hopen. Au contraire de sa société sœur CGMP, l’usine du Bourray a donc tourné à plein régime durant le confinement. Ainsi, l’entreprise devrait clore l’année 2020 sur un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros, quand ses repreneurs en visaient 40 millions. « Nous comptons développer le marché sanitaire afin de réduire notre dépendance au marché des arts de la table. Malgré la crise et les incertitudes sur les mois à venir, les voyants sont aujourd’hui au vert. »