les papeteries de condat se renouvellent pour assurer leur survie en dordogne

Source: francebleu.fr publié le Lundi 22 mars 2021 Par Justine Claux, Valérie Dejean,

Les Papeteries de Condat en Dordogne lancent une nouvelle ligne de production afin d'assurer leur survie. La chaîne produira de la glassine, du papier pour les étiquettes.

De l'espagnol, du portugais, du croate et, peut-être, bientôt du finlandais. Les Papeteries de Condat au Lardin-Saint-Lazare ont entamé leur mue, et elle se fait en plusieurs langues. Pendant plusieurs mois, plus d'une centaine d'ouvriers venus de toute l'Europe sont présents sur le site. Ils installent une nouvelle chaîne de production, qui fabriquera du papier pour les étiquettes : de la glassine, aussi appelée papier cristal.

Les premières bobines prévues pour septembre

La glassine est un nouveau papier pour Condat, qui se diversifie. "Avant, on était sur du papier type d'ouvrage, du papier blanc style BD ou livre. Maintenant, on va passer sur du papier beaucoup plus technique, explique Stéphane de Gélis, le directeur de l'usine de Condat. Ce nouveau papier va nous servir à fabriquer ces étiquettes."
La ligne de production est spectaculaire. Il s'agit d'une ancienne ligne qu'ils ont complètement transformée. "Alors, il y a beaucoup de parties qui ont disparu, précise-t-il. De nouvelles parties ont été installées pour permettre la fabrication de la glassine. Cette machine représente plusieurs centaines de mètres."
Actuellement, 150 ouvriers sont présents quotidiennement sur le chantier. Mais le nombre de personnes va continuer d'augmenter jusqu'au mois d'avril, "puisqu'en avril, on va également lancer notre "super calandre", une machine qui permet la fabrication de la glassine, ajoute le directeur de l'usine de Condat. On va ensuite redescendre progressivement jusqu'en juillet/août, une fois qu'on aura complètement lancé notre machine."

Les premières bobines sortiront en septembre. En 2022, d'autres employés seront également présents pour installer une chaudière, qui permettra de réduire les coûts énergétiques de production.

Les Papeteries assurent leur survie

Les Papeteries entament ainsi un virage pour assurer leur survie, en mettant en route cette nouvelle chaîne de production. En deux ans, le groupe LECTA a investi 80 millions d'euros, avec l'aide de la région et de l'État, pour financer la nouvelle ligne de production. Sans cette signature avant le crise sanitaire, les papeteries n'auraient sûrement pas survécu.

    C'est évident qu'avoir investi et pris cette décision avant la crise sanitaire a joué en notre faveur, précise le directeur de l'usine de Condat. Ça va sauver Condat et c'était nécessaire de le faire avant la crise"

En effet, la pandémie a coûté cher aux Papeteries, qui ont compté plus de cent jours sans travail. Non seulement, la production a diminué d'un quart, mais le chiffre d'affaires aussi.
Pas de création de postes

Il y a, toutefois, des raisons d'espérer. À terme, le site de Condat devrait consolider sa position au sein du groupe, en vendant sa glassine à une usine espagnole appartenant également à LECTA. "La moitié de la glassine produite sera pour un client interne, puisqu'au sein du groupe LECTA, on a l'usine d'Almazán (en Espagne, NDLR), qui fait déjà des étiquettes. Aujourd'hui, nous avons ce papier de spécialité à l'extérieur, et là, on sera le fournisseur de LECTA", développe Stéphane de Gélis.

Pour autant, il ne devrait pas y avoir de création de postes. Du moins, pas encore. La main d'oeuvre qualifiée, qui sera recrutée, remplacera les départs à la retraite. Un tiers des employés de Condat ont plus de cinquante-cinq ans.   

Aujourd'hui, les Papeteries de Condat emploient 420 salariés. Un accord a été passé avec les syndicats pour maintenir l'emploi à hauteur de 400 salariés.