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Qui est le seul candidat qui a déposé un dossier complet pour la reprise des papeteries de condat en dordogne ?
source: francebleu.fr Publié le vendredi 6 février 2026 par Thibault Delmarle
Le directeur général de l'entreprise SPB est le seul à avoir déposé un dossier complet de reprise du site des papeteries de Condat au Lardin-Saint-Lazare (Dordogne) devant le tribunal de commerce de Bordeaux mercredi. Il veut supprimer 177 emplois, mais promet de réembaucher dans les années à venir.
Ce mercredi 4 février devant le tribunal de commerce de Bordeaux, un seul candidat à la reprise des papeteries de Condat a présenté un dossier complet. Il s'agit de la société de participation de la Braye (SPB). Une entreprise dont le siège social se trouve à Évreux (Eure) et qui est dirigée par Olivier Huot. Ce dernier a regretté au micro d'ICI Périgord le nouveau report accordé par le tribunal de commerce de Bordeaux : "Tout le monde a eu les mêmes délais pour présenter les dossiers. Nous, on est prêt". Le président du tribunal a fixé le vendredi 13 février prochain pour que la coopérative de la CGT et le groupe tchèque Finesta envoient leur dossier au tribunal, qui décidera avant la fin du mois de février qui reprendra le site en redressement judiciaire depuis le mois de novembre 2025.
SPB ne fera pas de papier mais veut créer un "Techno Park"
En attendant de connaître le projet précis de ces deux entités, le tribunal n'a pu étudier que celui du groupe français SPB. Parmi les proches du dossier "Condat", qui ont pu consulter les détails du projet et qui ont rencontré les dirigeants, les avis sont les mêmes. C'est solide et étayé, malgré la casse sociale annoncée. Dominique Bernard, nommé président de Condat pour mettre en vente et demander le placement en redressement judiciaire du site, le reconnait : "Elle a un point faible. C'est que le nombre de personnes reprises est très très faible". Le groupe, s'il est choisi par le tribunal, supprime 177 postes sur les 202 encore sur le site du Lardin-Saint-Lazare. "On ne fait pas que des suppressions de postes", répond Olivier Huot. "Le plan prévoit aussi des créations de postes par la suite. Il faut voir un petit peu plus loin que la première période du projet."
Trois autres activités : le recyclage, la chimie et un "datacenter"
"Il y a un vrai projet industriel qui me semble pertinent, poursuit Dominique Bernard. Le deuxième aspect positif, c'est la possibilité de rouvrir la ligne 8 ." La seule ligne encore en activité sur le site, mais qui est à l'arrêt faute de commande depuis le 20 janvier.
SPB ne veut pas faire de papier. Si la ligne 8 redémarre, ce sera avec une autre société. Olivier Huot compte demander à l'entreprise autrichienne Delfort, contre 2,5 millions d'euros, de mener un audit pendant cinq à six mois avant d'envisager de lui confier l'exploitation de la ligne 8. Le groupe Delfort se définit comme spécialiste dans la fabrication de papiers techniques (papier à cigarette, emballage alimentaire, papier pour les notices de médicaments et les étiquettes).
La reprise réussie "d'Arjo" comme atout devant le tribunal et les élus
ll n'y a donc aucune certitude que le site de Condat fabrique de nouveau du papier si le groupe SPB est choisi. Le groupe français compte lancer trois activités différentes sur le site du Lardin. D'abord le recyclage d'aluminium et la confection de nanocellulose : un composant de produit cosmétique comme du fond de teint. Deux activités qui seront complétées, en cas de reprise, par l'installation d'un "datacenter".
Une lettre de recommandation signée par le préfet
Pour donner du poids et de la crédibilité à son projet auprès du tribunal et des élus locaux, Olivier Huot s'appuie sur la reprise, par son entreprise familiale en 2022, de la papeterie Arjowiggins. Un site liquidé en 2019 dans la Sarthe entrainant la suppression de 568 emplois. "Rien que sur le projet Manikheir (une partie du site désormais dédiée à la fabrication de gants en latex), il y a 190 créations de postes dont 61% d'anciens d'Arjowiggins.", indique celui qui compte mettre la main sur Condat.
Alain Rousset veut toujours récupérer son argent
Dans le dossier du projet "Condat" se trouvent aussi trois lettres de recommandation. L'une du préfet de la Sarthe, une autre du président du conseil départemental et une troisième du maire de la commune de Bessé-sur-Braye, où était implantée l'ancienne papeterie Arjowiggings. Toutes les trois louent les qualités de l'entreprise qui a repris le site. Le maire écrit : "Aujourd'hui c'est un pôle d'activité novatrice source de 200 emplois directs avec des perspectives à court terme de 100 à 150 emplois". Au téléphone, le maire de Bessé, Jacques Lacoche, le dit à ICI Périgord : "Ils ont tenu parole" lorsqu'ils ont repris ce site liquidé, même s'il se souvient qu'à l'époque il avait l'impression de devoir "choisir entre la peste et le choléra". Aujourd'hui, l'élu se félicite même d'avoir "le premier investisseur de la Sarthe" sur sa commune.
La Région Nouvelle-Aquitaine a aussi mis son grain de sel dans les négociations. Comme le révèle Sud-Ouest, un accord a été signé avec les Huot en cas de reprise. Selon nos informations, SPB devra payer six millions d'euros à la Région dans cinq ans s'il n'y a pas autant de salariés qu'aujourd'hui. Une manière de régler l'ardoise laissée par Lecta (un prêt de 19 millions d'euros qui n'a pas été intégralement remboursé) si le site se portait mal dans les prochaines années.
"700 millions d'euros dans les six à sept prochaines années"
Au Lardin, les Huot, père et fils, ont la confiance de la maire. "J'ai rencontré une personne (le père) très sérieuse, très réfléchie et avec un projet abouti", assure Francine Bourra. Avec le lancement des trois activités, l'entreprise française compte embaucher une centaine de salariés dès les premières années, et même avec l'objectif de monter à 330 à l'horizon 2031. "C'est une grande chance pour le territoire ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des entreprises qui comptent investir 700 millions d'euros dans les six ou sept prochaines années ?" La suppression des 177 postes ? : "Il faut en passer par là, mais aucun papetier n'était intéressé pour reprendre le site".
"Si malheureusement c'est SPB, eh bien ce sera SPB !"
Le groupe Finesta et son directeur international sont toujours dans la course pour reprendre le site des papeteries de Condat en assurant le maintien des 202 postes, la relance de la ligne 8 et même la réouverture de la ligne 4 (fermée lors du plan social de 2023). Karim Baghouli promet même qu'il embauchera davantage. Le troisième candidat, "Condat Pappers", l'association présidée par le délégué CGT de l'entreprise, Philippe Delord doit encore obtenir la signature de financeurs avant le 12 février. "Ça parait très compliqué de pouvoir rivaliser avec SPB", se désole le représentant du personnel. "Si malheureusement c'est SPB, eh bien ce sera SPB ! On fera avec, ou sans, pour certains salariés. On a l'impression que ça sent la fin pour les papeteries de Condat."
Ce mercredi 4 février devant le tribunal de commerce de Bordeaux, un seul candidat à la reprise des papeteries de Condat a présenté un dossier complet. Il s'agit de la société de participation de la Braye (SPB). Une entreprise dont le siège social se trouve à Évreux (Eure) et qui est dirigée par Olivier Huot. Ce dernier a regretté au micro d'ICI Périgord le nouveau report accordé par le tribunal de commerce de Bordeaux : "Tout le monde a eu les mêmes délais pour présenter les dossiers. Nous, on est prêt". Le président du tribunal a fixé le vendredi 13 février prochain pour que la coopérative de la CGT et le groupe tchèque Finesta envoient leur dossier au tribunal, qui décidera avant la fin du mois de février qui reprendra le site en redressement judiciaire depuis le mois de novembre 2025.
SPB ne fera pas de papier mais veut créer un "Techno Park"
En attendant de connaître le projet précis de ces deux entités, le tribunal n'a pu étudier que celui du groupe français SPB. Parmi les proches du dossier "Condat", qui ont pu consulter les détails du projet et qui ont rencontré les dirigeants, les avis sont les mêmes. C'est solide et étayé, malgré la casse sociale annoncée. Dominique Bernard, nommé président de Condat pour mettre en vente et demander le placement en redressement judiciaire du site, le reconnait : "Elle a un point faible. C'est que le nombre de personnes reprises est très très faible". Le groupe, s'il est choisi par le tribunal, supprime 177 postes sur les 202 encore sur le site du Lardin-Saint-Lazare. "On ne fait pas que des suppressions de postes", répond Olivier Huot. "Le plan prévoit aussi des créations de postes par la suite. Il faut voir un petit peu plus loin que la première période du projet."
Trois autres activités : le recyclage, la chimie et un "datacenter"
"Il y a un vrai projet industriel qui me semble pertinent, poursuit Dominique Bernard. Le deuxième aspect positif, c'est la possibilité de rouvrir la ligne 8 ." La seule ligne encore en activité sur le site, mais qui est à l'arrêt faute de commande depuis le 20 janvier.
SPB ne veut pas faire de papier. Si la ligne 8 redémarre, ce sera avec une autre société. Olivier Huot compte demander à l'entreprise autrichienne Delfort, contre 2,5 millions d'euros, de mener un audit pendant cinq à six mois avant d'envisager de lui confier l'exploitation de la ligne 8. Le groupe Delfort se définit comme spécialiste dans la fabrication de papiers techniques (papier à cigarette, emballage alimentaire, papier pour les notices de médicaments et les étiquettes).
La reprise réussie "d'Arjo" comme atout devant le tribunal et les élus
ll n'y a donc aucune certitude que le site de Condat fabrique de nouveau du papier si le groupe SPB est choisi. Le groupe français compte lancer trois activités différentes sur le site du Lardin. D'abord le recyclage d'aluminium et la confection de nanocellulose : un composant de produit cosmétique comme du fond de teint. Deux activités qui seront complétées, en cas de reprise, par l'installation d'un "datacenter".
Une lettre de recommandation signée par le préfet
Pour donner du poids et de la crédibilité à son projet auprès du tribunal et des élus locaux, Olivier Huot s'appuie sur la reprise, par son entreprise familiale en 2022, de la papeterie Arjowiggins. Un site liquidé en 2019 dans la Sarthe entrainant la suppression de 568 emplois. "Rien que sur le projet Manikheir (une partie du site désormais dédiée à la fabrication de gants en latex), il y a 190 créations de postes dont 61% d'anciens d'Arjowiggins.", indique celui qui compte mettre la main sur Condat.
Alain Rousset veut toujours récupérer son argent
Dans le dossier du projet "Condat" se trouvent aussi trois lettres de recommandation. L'une du préfet de la Sarthe, une autre du président du conseil départemental et une troisième du maire de la commune de Bessé-sur-Braye, où était implantée l'ancienne papeterie Arjowiggings. Toutes les trois louent les qualités de l'entreprise qui a repris le site. Le maire écrit : "Aujourd'hui c'est un pôle d'activité novatrice source de 200 emplois directs avec des perspectives à court terme de 100 à 150 emplois". Au téléphone, le maire de Bessé, Jacques Lacoche, le dit à ICI Périgord : "Ils ont tenu parole" lorsqu'ils ont repris ce site liquidé, même s'il se souvient qu'à l'époque il avait l'impression de devoir "choisir entre la peste et le choléra". Aujourd'hui, l'élu se félicite même d'avoir "le premier investisseur de la Sarthe" sur sa commune.
La Région Nouvelle-Aquitaine a aussi mis son grain de sel dans les négociations. Comme le révèle Sud-Ouest, un accord a été signé avec les Huot en cas de reprise. Selon nos informations, SPB devra payer six millions d'euros à la Région dans cinq ans s'il n'y a pas autant de salariés qu'aujourd'hui. Une manière de régler l'ardoise laissée par Lecta (un prêt de 19 millions d'euros qui n'a pas été intégralement remboursé) si le site se portait mal dans les prochaines années.
"700 millions d'euros dans les six à sept prochaines années"
Au Lardin, les Huot, père et fils, ont la confiance de la maire. "J'ai rencontré une personne (le père) très sérieuse, très réfléchie et avec un projet abouti", assure Francine Bourra. Avec le lancement des trois activités, l'entreprise française compte embaucher une centaine de salariés dès les premières années, et même avec l'objectif de monter à 330 à l'horizon 2031. "C'est une grande chance pour le territoire ! Vous en connaissez beaucoup, vous, des entreprises qui comptent investir 700 millions d'euros dans les six ou sept prochaines années ?" La suppression des 177 postes ? : "Il faut en passer par là, mais aucun papetier n'était intéressé pour reprendre le site".
"Si malheureusement c'est SPB, eh bien ce sera SPB !"
Le groupe Finesta et son directeur international sont toujours dans la course pour reprendre le site des papeteries de Condat en assurant le maintien des 202 postes, la relance de la ligne 8 et même la réouverture de la ligne 4 (fermée lors du plan social de 2023). Karim Baghouli promet même qu'il embauchera davantage. Le troisième candidat, "Condat Pappers", l'association présidée par le délégué CGT de l'entreprise, Philippe Delord doit encore obtenir la signature de financeurs avant le 12 février. "Ça parait très compliqué de pouvoir rivaliser avec SPB", se désole le représentant du personnel. "Si malheureusement c'est SPB, eh bien ce sera SPB ! On fera avec, ou sans, pour certains salariés. On a l'impression que ça sent la fin pour les papeteries de Condat."

