Vosges mouvement de grève à la papeterie norske skog de golbey?(88): le moment opportun pour la négociation

Source: Vosges.atin.fr - Par Camille HENRIOT publié le 6 janvier 2022


Ce jeudi matin, pendant plusieurs heures, les machines de la papeterie se sont arrêtées. Plusieurs salariés ont rejoint le mouvement de grève lancé la veille d’une nouvelle phase de négociation obligatoire (NAO) et au moment même où l’entreprise veut transformer son activité avec un lourd plan d’investissement.

À l’appel du deuxième syndicat majoritaire Force ouvrière (FO), des salariés du groupe norvégien Norske Skog ont débrayé dès 4?h ce jeudi matin devant l’entrée de l’usine papetière à Golbey.

Un préavis de grève a été déposé dans la nuit, nous confirme le président du groupe, Yves Bailly, surpris par la soudaineté du mouvement?: «?Ça fait quinze ans que je dirige l’entreprise, je n’ai jamais vu ça. Ils ont tout à fait le droit de faire grève, mais c’est plutôt la manière qui n’est pas appréciable?», nous explique-t-il. Parmi ses inquiétudes, les nombreuses heures d’arrêt des machines qui perturbent le circuit de production et de livraison alors que l’entreprise fait face à une forte hausse des prix de fabrication avec la matière première qui devient rare?: «?On ne peut pas arrêter des équipements industriels lourds lorsque l’on sait que l’on produit 1?600 à 1?700?tonnes de papiers par jour. Sinon, on risque une pénurie de livraisons car on ne?peut pas réceptionner les?camions. Quand on veut faire grève, on informe les fournisseurs, on prévoit d’arrêter les machines?». Selon la direction, ils étaient une quarantaine de salariés grévistes à avoir débrayé ce matin, contre une centaine sur 350 salariés selon le délégué syndical de FO, Cyril Artus

Plus de moyens et d’effectifs?

Par le biais de leur slogan «?on vaut mieux que ça?», les salariés grévistes demandent d’abord plus de moyens et d’effectifs?: «?On a eu un plan social en 2014. On a supprimé soixante-quinze postes en 2016. On manque de moyens, on manque de mécaniciens, d’opérateurs?», affirme Cyril Artuso. Ils souhaitent également obtenir une revalorisation salariale générale à hauteur de 3,5 % et le retour de la prime de vacance initiale. Selon le délégué syndical, il?s’agissait d’une concession faite par les salariés au moment de la négociation annuelle obligatoire?: depuis, elle a baissé de neuf cents à une centaine d’euros.

Ce mouvement de grève intervient en plein carrefour?: quelques semaines après la?présentation des résultats de l’entreprise, la veille de nouvelles NAO et en plein projet de transformation de la papeterie?: pour l’heure, le groupe a déjà lancé une campagne de recrutement, pour venir travailler sur l’une de ses machines qui sera transformée pour produire du carton d’emballage. Un plan d’investissement à?hauteur de 250 millions d’euros. FO espère que le projet, baptisé BOX, portera ses fruits et permettra de remettre les moyens nécessaires. En attendant, le président s’est dit prêt à rencontrer les salariés grévistes autour de la table des négociations en début de semaine prochaine.