Approvisionnement en papier : bercy avance ses solutions anti-pénurie

Source: actualitte.com publié le 19 avril 2022 par Nicolas GARY

Presse, édition — et accessoirement, publicité, ou encore cartons, emballage, etc. — font face à de considérables hausses de leurs coûts. En cause, le prix du papier. Comprenez bien : il n’y aurait pas de pénurie en soi, mais des problèmes logistiques d’acheminement et de fournitures… provoquant des manques dans les stocks. Or, pour les professionnels, cette matière déjà essentielle devient denrée précieuse…
Le conglomérat Copacel, réunissant des industriels du papier, l’assurait : «?Il n’y a pas de pénurie. Il y a des tensions sur la livraison : un client qui souhaiterait un velum de 100 obtiendrait 80 et le reste, suivant un échéancier étalé.?» Or, si les conséquences se ressemblent, nuancer les causes devient un argument de peu de poids.

Un déséquilibre net
D’autant que depuis janvier dernier, et avant, les pouvoirs publics sont sollicités — au point que même les parlementaires s’inquiètent de menaces pour la démocratie, que la non-pénurie provoquerait. Le député Paul Molac (Libertés et Territoires - Morbihan) en appelait au ministre des Finances, Bruno Le Maire, espérant du gouvernement de rassurantes mesures. Et ce, parce qu’il y avait déjà «?urgence à agir?».

La réponse de Bercy laisserait le parlementaire sur sa faim, bien que l’on reconnaisse «?des difficultés d’approvisionnement majeures?». Et dans la réponse à la question parlementaire, le ministère de reprendre le déroulé : les confinements ont, entre 2020 et 2021, provoqué des arrêts industriels, lesquels engendrent un retour lent à l’activité aujourd’hui. Concluion, la pâte à papier subit «?un déséquilibre entre l’offre et la demande?».

En outre, une hausse des cours intervient, malgré le retour à des niveaux de stocks standards : c’est que les chaînes d’approvisionnement, fret maritime et routier, sont totalement congestionnées. Et comme il n’y a plus de papier…

Pas d'inquiétude...
Sur les mesures d’accompagnement de l’État pour la presse et l’édition, qu’on se rassure : pas question d’abattre plus de forêts. Ensuite, les différentes solutions de prêt bancaires apportées au cœur de la pandémie 2020 ont apporté des solutions financières aux entreprises en difficulté. D’autant que «?le dispositif des avances remboursables et de prêts à taux bonifiés est prolongé jusqu’au 30 juin prochain et les conditions d’octroi des avances remboursables sont assouplies?», note Bercy.

Et de lister l’ensemble des solutions pour s’endetter qui ont été mises au service des entreprises, complétées par d’autres, suivant différents critères.

D’autre part, le gouvernement souligne la possibilité «?de négocier au niveau des branches comme des entreprises le recours au dispositif d’activité partielle de longue durée?». Un taux de 50 % est accordé dès que la situation présente les conditions requises. Enfin, «?les entreprises pourront bénéficier d’un accompagnement dans le pilotage de leur trésorerie/besoin en fonds de roulement d’une part, et l’optimisation de leur chaîne d’approvisionnement d’autre part, au travers de missions de conseil déployées par Bpifrance, s’appuyant sur des consultants experts habilités?».

Dernier recours, le médiateur des entreprises reste à disposition des sociétés : son action sera d’ailleurs renforcée avec un dispositif de crise dédié. «?Ces tensions justifient la pertinence de l’action menée par le Gouvernement depuis plusieurs années et accélérée avec France Relance, pour renforcer la résilience des approvisionnements et des chaînes de valeur, ainsi que pour soutenir les projets qui concourent à l’autonomie stratégique dans des secteurs clés?», insiste Bercy.

Quant à la filière bois, de récents appels à projets portant sur l’industrialisation de systèmes constructifs bois et sur la mixité des matériaux pour la construction bas carbone ont été mis en œuvre. L’Office national des forêts développe, de son côté, des contrats avec les scieries françaises, pour sécuriser leurs approvisionnements.

«?L’accroissement des capacités de première transformation du bois constitue un levier essentiel pour répondre aux besoins en produits bois fabriqués sur le territoire, ainsi que pour l’industrie papetière par la valorisation des produits connexes de scieries?», conclut le ministère.