Prix de l’énergie : quel impact pour l’industrie des pâtes et papiers?

Source: Lemaîtrepapetier.ca publié par Jaclin Ouellet le 4 mai 2022

L’économie mondiale n’a pas fini d’être confrontée à des crises de la chaîne d’approvisionnement et certains défis semblent de plus en plus complexes.

C’est le cas de la volatilité des prix de l’énergie, spécifiquement depuis l’invasion russe de l’Ukraine à la fin février. Les montagnes russes des prix de l’énergie ont un impact majeur partout en Europe et dans le reste du monde. Ces niveaux de prix obligent les papetières à s’ajuster : le niveau de prix du gaz naturel à plus de 225 euros a incité des usines entières à couper dans la production ou à fermer temporairement leurs portes.

Malheureusement pour l’Europe, la volatilité des prix de l’énergie continue de plus belle et il ne semble pas y avoir de la lumière au bout du tunnel. Au moment de rédiger ces lignes, la Russie a coupé l’approvisionnement en gaz à la Pologne et à la Bulgarie. Ce qui laisse présager, après une courte pause, d’une autre poussée des prix.

Dans le pire des scénarios, la fermeture du pipeline Nordstream créerait une telle rareté du gaz naturel qui viendrait frapper les pays les plus dépendants, donc les plus exposés. Pour faire face à cette situation, certains pays d’Europe du Sud y vont d’un support financier aux industries les plus énergivores mais cette aide ne peut être que ponctuelle, donc à court terme, ce qui ne soulagera l’industrie papetière que pendant un temps.

Plus que jamais, cette difficile situation doit contribuer à une meilleure préparation de l’industrie pour affronter « tous les impacts possibles. » Encore que chaque compagnie vivra différemment la crise. Des facteurs comme un bon amalgame de différentes sources d’énergie, l’âge des équipements et la géographie seront des facteurs à considérer.

Parmi les principales questions à se poser pendant cette période hautement instable :

1.Quels seront les grades les plus affectés par la hausse des prix du gaz et de l’électricité? 

2.Comment la viabilité des usines sera-t-elle affectée avec la hausse totale des coûts énergétiques? Les usines qui n’utilisent que le gaz pour la production de vapeur et leurs besoins énergétiques sont très exposées.

3.Quels sont les pays les plus exposés aux prix du gaz? Quel effet aurait un éventuel retour des prix à 200 euros/MWh?

Il apparait évident que les pays ayant fait la transition vers des combustibles alternatifs s’en tireront mieux que l’Italie et l’Espagne, par exemple, qui restent fortement  dépendants du gaz naturel.