La pâte à papier flambe, le papier toilette aussi

Source: 60 millions de consommateurs du 13/06/2022


Seule une récession pourrait arrêter la hausse de la pâte à papier. Et un risque de pénurie existe en cas d’embargo sur le gaz russe. En un an, le prix des essuie-tout a bondi de 10 % selon notre partenaire NielsenIQ, et celui du papier hygiénique se situe déjà à + 7 %. Raison principale : la hausse de la matière première. « Le coût de la pâte à papier a augmenté de 50 % en un an », explique Paul-Antoine Lacour, délégué général de l’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel).

Le commerce en ligne et ses cartons

Comme le pétrole, la pâte à papier (fabriquée à partir de fibres de bois) est en effet cotée sur un marché mondial selon deux indices : les cours de la fibre d’eucalyptus et ceux de la pâte de fibres longues (appelée NBSK par les spécialistes).

Comme le pétrole également, elle sert à fabriquer plusieurs types de produits, comme les livres et magazines, le papier toilette, les mouchoirs en papier, mais aussi les cartons d’emballage. Or, ces derniers sont en très forte croissance avec le développement du commerce en ligne, notamment en Chine.

Congestion dans les ports et hausse de l’énergie

La pâte à papier circule pour l’essentiel par voie maritime, davantage encore depuis le début du conflit en Ukraine, qui a reporté sur les eaux le fret terrestre entre Asie et Europe. La congestion actuelle des ports et le prix des conteneurs ne fait qu’amplifier les coûts de revient.

L’industrie papetière est surtout hyper-consommatrice de gaz et d’électricité, ce qui surenchérit le prix. « L’énergie représente 30 % du produit, poursuit Paul-Antoine Lacour. L’évolution du prix dépend de celle du gaz. »

Les industriels utilisent enfin un mélange de produits chimiques dans lequel sont cuits les copeaux d’écorce de bois pendant quelques heures. Or, le coût de ces substances a subi, lui aussi, une hausse de 30 % en un an.

Risque d’arrêt de la production dans les usines papetières

Mais la situation pourrait être pire encore en cas d’embargo sur le gaz russe. « Faute d’énergie suffisante, les usines devraient alors arrêter de produire », prévient Paul-Antoine Lacour. Seule une éventuelle récession en Amérique du Nord et en Europe, entraînant une chute de la demande, permettrait de stopper la hausse des prix des papiers hygiéniques, mouchoirs en papier, essuie-tout et autres.