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"les lettres de licenciement vont partir au mois de mars" : les papeteries de condat cédées au groupe spb, 90 % des salariés perdent leur emploi
Source: france3-regions.franceinfo.fr Écrit par Florian Roulies et Candice Olivari Publié le 02/03/2026
Les papeteries de Condat, en Dordogne, vont être cédées à SPB, l'information est tombée ce lundi 2 mars. L'entreprise sarthoise a déjà annoncé qu'elle ne garderait que 21 salariés. Les syndicats ont été reçus par la direction ce matin.
"On est désolés de vous dire que malheureusement, Condat, c'est terminé", annonce Patricia Canto. La secrétaire FO retient comme elle peut ses sanglots. Elle sort juste du CSE où les administrateurs judiciaires ont rendu compte du dernier rebondissement judiciaire. "Ils nous ont annoncé que la décision du tribunal vendredi soir a été de céder Condat à SPB pour une valeur d'1 million d'euros", annonce-t-elle. "Ils prendront l'entreprise à partir du 1er avril. Les lettres de licenciement vont partir au mois de mars". Le ton est donné. Le planning aussi. Autour d'elle, les salariés encaissent le coup.
"L'État voulait tuer Condat, il y est arrivé"
Après des années de longue descente aux enfers, les papeteries Condat avaient été placées en redressement judiciaire le 22 octobre dernier. Un délai supplémentaire avait été accordé début février pour permettre à d'autres candidats que SPB de présenter leurs dossiers au tribunal de commerce de Bordeaux. En vain. Celui qui avait annoncé qu'il ne garderait que 21 salariés a été retenu.
"210 familles vont se retrouver dans le besoin et sans travail", résume Philippe Delord, délégué CGT. "Nous, les salariés, nous avons perdu. Alors que l'Etat est le grand gagnant de l'histoire". Ils sont amers. Les salariés de la papeterie de Condat-sur-Vézère ont été assommés par la nouvelle tombée ce matin. "L'État est arrivé à ses fins. L'État voulait tuer Condat. L'État y est arrivé".
Plus de papier a priori à Condat
Les propos sont forts. À la hauteur de l'écœurement que les salariés disent ressentir. "Du papier Condat va être fabriqué ailleurs qu'à Condat", dénonce le délégué CGT. "Sachant que le papier Condat fabriqué à Condat avant 2023 faisait gagner de l'argent à l'Etat". La société de participation de la Braye (SPB) porte un projet de reconversion industrielle des papeteries.
Patricia Canto confirme. "A priori, il ne devrait plus se faire de papier sur l'usine de Condat ce qui est malheureux. Pour nous c'est un crève cœur. C'est une papeterie avant tout".
"Vous en voyez beaucoup des politiques ici ?"
Francine Bourra, maire LR du Lardin-Saint-Lazare était présente sur site ce lundi 2 mars. Prise à partie par certains salariés, elle s'est défendue de les avoir abandonnés. "Il n'y avait pas le choix, leur a-t-elle répondu. Je suis complètement d'accord avec vous. Je ne suis pas pour le licenciement de 180 personnes. Je vous ai défendu tant que j'ai pu".
Le site est actuellement en PPRI (Plan de Prévention Risque Innondation). L'élue a tenu à expliquer aux salariés ce que cela impliquait. "La loi prévoit que s'il y a un repreneur, et qu'il fait quelque chose, il y aura les autorisations de reconstruire", a-t-elle rappelé. "Par contre s'il n'y a pas de repreneur et que cela tombe en ruine, on aura plus jamais l'autorisation de reconstruire".
La maire du Lardin-Saint-Lazare a fait part de son sentiment d'abandon de la part des pouvoirs publics. "Aujourd'hui vous en voyer beaucoup des politiques ici ? Je n'ai pas eu un appel de madame la préfète. Le président du département était là l'autre jour, il ne savait même pas ce qu'il se passait. On s'est retrouvés seuls avec le président de la Communauté de communes".
Derniers espoirs
La maire du Lardin-Saint-Lazare est évidemment très inquiète pour sa commune. "C'est notre territoire, notre usine, nos commerces, nos écoles qui vont pâtir de tout cela", abonde Philippe Delord. "On va être très vigilants. Si dans deux ou trois ans, il y a 300 ou 400 personnes qui travaillent sur le site on dira que SPB a fait du très bon travail".
Une autre interrogation demeure. La Région Nouvelle-Aquitaine avait accordé à l'ancien propriétaire Lecta, un prêt de 19 millions d’euros à taux zéro. A ce jour 5,9 millions d'euros n'auraient toujours pas été remboursés.
"On est désolés de vous dire que malheureusement, Condat, c'est terminé", annonce Patricia Canto. La secrétaire FO retient comme elle peut ses sanglots. Elle sort juste du CSE où les administrateurs judiciaires ont rendu compte du dernier rebondissement judiciaire. "Ils nous ont annoncé que la décision du tribunal vendredi soir a été de céder Condat à SPB pour une valeur d'1 million d'euros", annonce-t-elle. "Ils prendront l'entreprise à partir du 1er avril. Les lettres de licenciement vont partir au mois de mars". Le ton est donné. Le planning aussi. Autour d'elle, les salariés encaissent le coup.
"L'État voulait tuer Condat, il y est arrivé"
Après des années de longue descente aux enfers, les papeteries Condat avaient été placées en redressement judiciaire le 22 octobre dernier. Un délai supplémentaire avait été accordé début février pour permettre à d'autres candidats que SPB de présenter leurs dossiers au tribunal de commerce de Bordeaux. En vain. Celui qui avait annoncé qu'il ne garderait que 21 salariés a été retenu.
"210 familles vont se retrouver dans le besoin et sans travail", résume Philippe Delord, délégué CGT. "Nous, les salariés, nous avons perdu. Alors que l'Etat est le grand gagnant de l'histoire". Ils sont amers. Les salariés de la papeterie de Condat-sur-Vézère ont été assommés par la nouvelle tombée ce matin. "L'État est arrivé à ses fins. L'État voulait tuer Condat. L'État y est arrivé".
Plus de papier a priori à Condat
Les propos sont forts. À la hauteur de l'écœurement que les salariés disent ressentir. "Du papier Condat va être fabriqué ailleurs qu'à Condat", dénonce le délégué CGT. "Sachant que le papier Condat fabriqué à Condat avant 2023 faisait gagner de l'argent à l'Etat". La société de participation de la Braye (SPB) porte un projet de reconversion industrielle des papeteries.
Patricia Canto confirme. "A priori, il ne devrait plus se faire de papier sur l'usine de Condat ce qui est malheureux. Pour nous c'est un crève cœur. C'est une papeterie avant tout".
"Vous en voyez beaucoup des politiques ici ?"
Francine Bourra, maire LR du Lardin-Saint-Lazare était présente sur site ce lundi 2 mars. Prise à partie par certains salariés, elle s'est défendue de les avoir abandonnés. "Il n'y avait pas le choix, leur a-t-elle répondu. Je suis complètement d'accord avec vous. Je ne suis pas pour le licenciement de 180 personnes. Je vous ai défendu tant que j'ai pu".
Le site est actuellement en PPRI (Plan de Prévention Risque Innondation). L'élue a tenu à expliquer aux salariés ce que cela impliquait. "La loi prévoit que s'il y a un repreneur, et qu'il fait quelque chose, il y aura les autorisations de reconstruire", a-t-elle rappelé. "Par contre s'il n'y a pas de repreneur et que cela tombe en ruine, on aura plus jamais l'autorisation de reconstruire".
La maire du Lardin-Saint-Lazare a fait part de son sentiment d'abandon de la part des pouvoirs publics. "Aujourd'hui vous en voyer beaucoup des politiques ici ? Je n'ai pas eu un appel de madame la préfète. Le président du département était là l'autre jour, il ne savait même pas ce qu'il se passait. On s'est retrouvés seuls avec le président de la Communauté de communes".
Derniers espoirs
La maire du Lardin-Saint-Lazare est évidemment très inquiète pour sa commune. "C'est notre territoire, notre usine, nos commerces, nos écoles qui vont pâtir de tout cela", abonde Philippe Delord. "On va être très vigilants. Si dans deux ou trois ans, il y a 300 ou 400 personnes qui travaillent sur le site on dira que SPB a fait du très bon travail".
SPB présente un projet prévoyant de commencer par des licenciements avant de réembaucher dans un second temps. "J'ai espoir de le croire,Il dit qu'il veut faire venir un industriel papetier autrichien pour faire redémarrer la machine 8. Je l'espère également. Même si je n'y crois guère.
On va voir. Nous serons très vigilants".
Une autre interrogation demeure. La Région Nouvelle-Aquitaine avait accordé à l'ancien propriétaire Lecta, un prêt de 19 millions d’euros à taux zéro. A ce jour 5,9 millions d'euros n'auraient toujours pas été remboursés.

