
Accueil > Vos accords & salaires > Le fabricant de pâte à papier fibre excellence dépose son bilan
Le fabricant de pâte à papier fibre excellence dépose son bilan
Source: Lu dans Les Échos de ce 16 avril.
L'entreprise, basée en Haute- Garonne et Bouche du Rhône, demande à être placée en cessation de paiements à cause de la vente à perte de son électricité. Elle souhaite négocier un plan de continuation.
Le dernier geste de l'Etat n'a pas suffi. Au terme d'un long bras de fer, le seul fabricant français de pâte à papier marchande, Fibre Excellence, a déposé le bilan mercredi, à la fin de la procédure de conciliation ouverte devant le Comité interministériel de restructuration industrielle. « Au vu de la situation actuelle de la trésorerie, le groupe est dans l'obligation légale de déclarer l'état de cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Toulouse, le 15 avril étant l'échéance réglementaire », a indiqué l'entreprise basée à Labège, en Haute-Garonne.
Le tribunal décidera à la fin du mois d'ouvrir ou non une procédure de redressement judiciaire. « Cela dépendra des dernières discussions avec l'Etat concernant l'équilibre économique de nos activités », précise le groupe.
Cette entreprise de Jackson Widjaja, dont la famille possède le géant papetier indonésien Asia Pulp & Paper, a produit 500.000 tonnes de pâte à papier en 2025 dans ses usines de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Elle emploie 670 salariés et a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros.
Elle est en grande difficulté depuis un an à cause de la vente à perte de l'électricité produite avec les déchets de bois. Elle a obtenu des contrats de rachat par EDF en 2020 et 2024, à des tarifs de référence de 120 euros hors taxes le mégawattheure à Saint-Gaudens et de 105 euros à Tarascon. Mais le prix du bois a bondi de 45 % avec la guerre en Ukraine et l'entreprise estime avoir perdu 29 millions d'euros en 2025 sur la vente de l'électricité. Elle a déposé fin mars un recours contre l'Etat.
Le ministère de l'Industrie lui a accordé en février un plan de soutien de 150 millions d'euros réparti à 50-50 entre des aides et des garanties financières pour investir dans la modernisation des usines et la production de pâte à papier absorbant. Mais il a longtemps refusé de revaloriser le prix de l'électricité, jugeant la mesure « fragile juridiquement ».
« Un signal encourageant »
Finalement, après une réunion entre la présidente de la région Occitanie et le Premier ministre, le ministre délégué à l'Industrie a annoncé le 10 avril une réévaluation jusqu'à 20 % des tarifs de l'électricité « dans le respect du cadre juridique […] national et européen ». Ces nouveaux tarifs de 144 et 126 euros le mégawattheure restent inférieurs au souhait de l'entreprise d'obtenir 180 euros pour couvrir ses coûts.
En contrepartie, le ministre de l'Industrie a demandé à l'actionnaire de couvrir les besoins de financement courant jusqu'en 2030 et de « procéder aux investissements nécessaires ». De son côté, la région a proposé d'entrer au capital de l'industriel qui fait vivre « 10.000 emplois dans la filière forêt bois ».
Tout en déposant le bilan, Fibre Excellence estime que « ces propositions constituent un signal encourageant pour l'avenir du groupe, elles sont en cours d'analyse […] afin d'évaluer leurs impacts réels sur le modèle économique ». Selon son porte-parole, le groupe souhaite négocier un plan de continuation devant le tribunal. Mais il a déjà mandaté la banque Rothschild pour chercher un repreneur.
Le dernier geste de l'Etat n'a pas suffi. Au terme d'un long bras de fer, le seul fabricant français de pâte à papier marchande, Fibre Excellence, a déposé le bilan mercredi, à la fin de la procédure de conciliation ouverte devant le Comité interministériel de restructuration industrielle. « Au vu de la situation actuelle de la trésorerie, le groupe est dans l'obligation légale de déclarer l'état de cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Toulouse, le 15 avril étant l'échéance réglementaire », a indiqué l'entreprise basée à Labège, en Haute-Garonne.
Le tribunal décidera à la fin du mois d'ouvrir ou non une procédure de redressement judiciaire. « Cela dépendra des dernières discussions avec l'Etat concernant l'équilibre économique de nos activités », précise le groupe.
Cette entreprise de Jackson Widjaja, dont la famille possède le géant papetier indonésien Asia Pulp & Paper, a produit 500.000 tonnes de pâte à papier en 2025 dans ses usines de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Elle emploie 670 salariés et a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros.
Elle est en grande difficulté depuis un an à cause de la vente à perte de l'électricité produite avec les déchets de bois. Elle a obtenu des contrats de rachat par EDF en 2020 et 2024, à des tarifs de référence de 120 euros hors taxes le mégawattheure à Saint-Gaudens et de 105 euros à Tarascon. Mais le prix du bois a bondi de 45 % avec la guerre en Ukraine et l'entreprise estime avoir perdu 29 millions d'euros en 2025 sur la vente de l'électricité. Elle a déposé fin mars un recours contre l'Etat.
Le ministère de l'Industrie lui a accordé en février un plan de soutien de 150 millions d'euros réparti à 50-50 entre des aides et des garanties financières pour investir dans la modernisation des usines et la production de pâte à papier absorbant. Mais il a longtemps refusé de revaloriser le prix de l'électricité, jugeant la mesure « fragile juridiquement ».
« Un signal encourageant »
Finalement, après une réunion entre la présidente de la région Occitanie et le Premier ministre, le ministre délégué à l'Industrie a annoncé le 10 avril une réévaluation jusqu'à 20 % des tarifs de l'électricité « dans le respect du cadre juridique […] national et européen ». Ces nouveaux tarifs de 144 et 126 euros le mégawattheure restent inférieurs au souhait de l'entreprise d'obtenir 180 euros pour couvrir ses coûts.
En contrepartie, le ministre de l'Industrie a demandé à l'actionnaire de couvrir les besoins de financement courant jusqu'en 2030 et de « procéder aux investissements nécessaires ». De son côté, la région a proposé d'entrer au capital de l'industriel qui fait vivre « 10.000 emplois dans la filière forêt bois ».
Tout en déposant le bilan, Fibre Excellence estime que « ces propositions constituent un signal encourageant pour l'avenir du groupe, elles sont en cours d'analyse […] afin d'évaluer leurs impacts réels sur le modèle économique ». Selon son porte-parole, le groupe souhaite négocier un plan de continuation devant le tribunal. Mais il a déjà mandaté la banque Rothschild pour chercher un repreneur.

