Fibre excellence : le tribunal de commerce de toulouse examine l’offre de reprise de matthieu pigasse, 670 emplois en jeu

Source: Par SudOuest.fr avec AFP Publié le 27/07/2026 à 10h45.

Le tribunal de commerce de Toulouse étudie le dossier de reprise du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence porté par le financier Matthieu Pigasse, alors que le gouvernement affiche ses réticences

Le tribunal de commerce de Toulouse a commencé lundi à examiner une offre de reprise du fabricant de pâte à papier Fibre Excellence par le financier Matthieu Pigasse, subordonnée à une aide de l’État que le gouvernement est réticent à accorder. Les représentants CGT des salariés ont franchi la porte du tribunal un peu avant 9 heures, contrairement à Matthieu Pigasse qui est représenté par son avocat, d’après son entourage.

Cette offre visant à éviter la liquidation judiciaire « mobilise au total plus de 90 millions d’euros » et repose « sur un certain nombre de conditions », a déclaré vendredi Matthieu Pigasse, dont le projet de reprise est notamment soutenu par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d'Azur ainsi que par les syndicats CGT, CFDT et FO. Pour préserver les 670 emplois dans les deux usines de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), le financier « demande à l’État un effort sur trois sujets : le coût de l’électricité, l’approvisionnement en bois ONF et les quotas carbone […] Il appartient à l’État de dire s’il veut remplir ces conditions ».

Les conditions posées par le repreneur

Matthieu Pigasse fait allusion au tarif de rachat de l’électricité produite par les deux usines de Fibre Excellence, à l’approvisionnement en bois aidé par l’Office national des forêts (ONF), alors que le cours de cette matière première a grimpé, et à la réintégration du fabricant de pâte à papier dans le système européen des quotas carbone. Pour le ministre de l’Économie, Roland Lescure, « à ce stade » cette offre « n’est pas au niveau ».

« Je souhaite qu’on ait des repreneurs sérieux, qui s’investissent dans les entreprises sur la base de plans d’affaires sérieux », avec « un engagement réel des investisseurs aux côtés de l’État », a déclaré mardi Roland Lescure devant les députés, ajoutant : « Aujourd’hui, le compte n’y est pas ». En revanche, pour la CGT de Haute-Garonne, « les financements privés sont réunis » et « le silence de l’Élysée est incompréhensible. Nous ne pouvons pas croire qu’Emmanuel Macron laissera liquider un pan supplémentaire de l’industrie française », écrit le syndicat dimanche dans un communiqué.

Le contexte du redressement judiciaire

Fibre Excellence, qui possède les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, a été placée en redressement judiciaire fin avril. Après avoir injecté près de 300 millions d’euros dans le groupe, son actionnaire indonésien Jackson Wijaya avait jeté l’éponge au printemps, mettant en avant le manque de rentabilité de l’entreprise et refusant d’investir à nouveau.

Des cadres dirigeants de Fibre Excellence ont un temps travaillé à la constitution d’une offre de reprise, avant de renoncer. Des salariés, qui craignent la liquidation de l’entreprise, occupent depuis lundi le site de Saint-Gaudens, dans un territoire où l’emploi est rare, et depuis jeudi celui de Tarascon, dans l’attente de la décision du tribunal de commerce.